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Les conflits du 20e siècle se nourrissent d’armes dites « légères », qui sont néanmoins considérées comme des armes de destruction massive (Kofi Annan). En effet, des grandes guerres mondiales du début du 20e siècle à l’explosion terroriste du 11 septembre 2001, en passant par les innombrables guerres et rébellions armées en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Europe de l’Est, le monde s’est retrouvé sous l’emprise de conflits d’un type nouveau, alimenté par des armes de plus en plus sophistiquées, maniables, robustes et dévastatrices détenues par divers acteurs et au service des causes les plus variées.
On estime que dans les années 90, la très grande disponibilité (639 millions d’armes à feu en circulation dans le monde) et l’utilisation inappropriée des armes conventionnelles ont provoqué la mort de plus de 5 millions de personnes et entraîné le déplacement d’environ 25 millions d’individus, dont 60 à 70 % de femmes et d’enfants. Des études de l’UNICEF donnent les chiffres de 2 millions d’enfants tués, plus de 4 millions de mutilés, plus d’un million d’orphelins. Il y a plus de 300 000 enfants soldats et plus de 10 millions d’enfants qui garderont des séquelles psychologiques, conséquences de leur enlèvement, de leur détention, des violences sexuelles subies ou d’avoir assisté aux massacres de leurs parents ou de leurs proches.
Cette catégorie d’armes a donc été utilisée pour commettre des actes de violence, des viols, des enlèvements, des tortures et des crimes portant atteinte aux droits de l’homme et entravant le développement et la démocratie. Tout ceci favorise l’insécurité et l’instabilité régionale, le terrorisme exacerbe la violence domestique et provoque des désastres humanitaires incommensurables. Dans les autres régions du monde, la délinquance et le terrorisme se nourrissent de ces engins de mort ; les armes légères font une victime par minute !
Néanmoins, des efforts sont faits dans le monde entier pour réagir et réduire cette prolifération et cette circulation illicite d’armes légères : Moratoire de la CEDEAO, Déclaration de Bamako, Plan d’action des Nations Unies et diverses résolutions des Nations Unies, Traité d’Ottawa et campagnes pour un Traité sur le commerce des armes, Convention sur le marquage, etc.
En Afrique de l’Ouest comme partout ailleurs, cette problématique est prise au sérieux eu égard aux enjeux de sécurité humaine qu’elle pose dans une sous-région rendue exsangue par les guerres civiles, les conflits armés et les rébellions de toutes sortes, notamment en Sierra Léone, au Libéria, en Guinée-Bissau, au Mali, au Sénégal, au Niger, au Nigeria et plus récemment en Côte d’Ivoire.
Comme corollaire, le nombre d’opérations de maintien de la paix s’y est intensifié de manière exponentielle, avec un coût humain et financier toujours croissant.
Il subsiste encore de grandes zones d’ombre quant à la situation dans cette région en matière de disponibilité, d’accessibilité, de contrôle, de l’impact politique et socioéconomique, etc.
La société civile et les médias ont un rôle important à jouer non seulement dans la recherche d’informations fiables, mais aussi dans une dynamique de formation et d’alerte des populations, des décideurs et des partenaires internationaux et d’éducation à la paix.
Ce site est le fruit d’un partenariat pertinent et motivé entre deux institutions, le MALAO et ses réseaux, en l’occurrence le Réseau des journalistes francophones pour la paix et la sécurité et le Centre Pearson pour le maintien de la paix.
MALAO.org se veut un instrument de partage d’expériences, de diffusion d’informations, d’appui à la recherche pour tous ceux qui, en Afrique et ailleurs dans le monde, veulent s’investir au service de la paix, de la sécurité humaine et du développement durable.
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