Dakar, Sénégal (PANA) - Des associations sénégalaises de femmes membres de la Société civile, ont plaidé, lundi à Dakar, pour la ratification de la Convention de la CEDEAO sur les Armes légères et de petit calibre (ALPC) et le Traité sur le commerce des armes (TCA) dans les pays de l’espace économique oust-africain.
Issues du Mouvement contre les Armes Légères en Afrique de l’Ouest (MALAO), de l’Association des Femmes Juristes du Sénégal (AJS) et de la section sénégalaise des Professionnelles de la Communication (APAC), les femmes ont souhaité qu’au moins huit des 15 Etats membres ratifient l’ALPC et le TCA en imposant leur entrée en vigueur d’ici juillet 2008, date de la Conférence des Nations unies sur le programme d’action.
L’appel des femmes de la Société civile est intervenu à l’atelier sur "Femmes, Convention de la CEDEAO sur les Armes légères et de Petit Calibre, leurs munitions et autres matériels connexes et le Traité sur le Commerce des Armes. Quel rôle pour les femmes juristes et journalistes ?"
Des études publiées à l’occasion par le MALAO montrent que le nombre d’armes légères dans le monde est aujourd’hui estimé à 875 millions et chaque année 8 millions de plus sont produites, dont presque 75% vont aux mains d’individus, des hommes pour la plupart.
Les mêmes sources indiquent que la Société civile occupe 90% des victimes des guerres. Il s’y ajoute que le viol systématique et la violence sexuelle sont l’une des conséquences les plus graves du conflit et de la crise humanitaire.
Georges Honoré Ndiaye, directeur exécutif du MALAO a déclaré que "les femmes étant les premières victimes des ALPC, d’où leur implication s’avère indispensable pour accélérer le processus de ratification de la convention et surtout l’obtention d’un TCA fort et efficace pouvant mettre un terme aux transferts d’armes qui alimentent les violations des droits humains, les conflits et la pauvreté".
Il a aussi précisé que le Genre demeure un élément important dans le développement de politiques de prévention et de lutte contre les trafics et la prolifération des armes, avant d’ajouter que les femmes subissent quotidiennement les conséquences de la violence armée qui comprennent le meurtre, le viol, les agression sexuelles.
Le TCA est passé de Moratoire en 1998, à un Code de conduite en 1999 avant de devenir Convention le 14 juin 2006. Ainsi, depuis son adoption en cette date, ladite convention n’a été ratifiée à ce jour que par le Niger, le Mali, le Burkina Faso, la Sierra Leone. Au Sénégal, la convention a été adoptée par l’Assemblée nationale le 28 novembre 2007 et ensuite est passée au Sénat.
Le Président sénégalais Abdoulaye Wade a signé la loi 2008-05 du 24 janvier 2008 portant ratification de la convention. Il ne reste plus qu’à déposer le dossier au siège de la CEDEAO à Abuja, a précisé le directeur du MALAO.
Outre la ratification de la convention, les femmes juristes et journalistes ayant participé à la rencontre, ont aussi demandé l’application des dispositions contenues dans ladite convention par les différents Etats membres de la CEDEAO.
Dakar - 28/04/2008 |