MONDE-SOCIETE
Le Sénégal plaide pour un meilleur contrôle ‘’rigoureux et effectif’’ sur la gestion des armes légères
29/06/2006 18:42 GMT
+++Correspondance particulière+++
New York, 29 juin (APS) - Le directeur de Cabinet du ministre sénégalais des Forces armées, Emmanuel René Moise, a plaidé jeudi à New York pour un contrôle ‘’rigoureux et effectif’’ sur la gestion des stocks d’armes légères.
‘’Il serait utile d’assister les Etats et les organisations sous régionales en vue de leur permettre d’assurer un contrôle rigoureux et effectif sur la gestion des stocks d’armes légères’’, a dit M. Moise lors des son passage à la tribune des Nations unies à l’occasion de la Conférence chargée d’examiner les progrès accomplis dans l’exécution du Programme d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères.
Selon lui, cette rigueur devrait être instaurée dans la production des armes légères ainsi que dans le suivi de leur itinéraire et de leur destination.
M. Moise a souligné que l’une des grandes insuffisances du Programme d’action demeure la faiblesse de la coopération internationale dans les domaines du financement, du renforcement des capacités des commissions nationales, de l’échange d’informations et d’expérience entre celles-ci.
Les Etats membres de l’Organisation des Nations unies s’étaient engagés en 2001, en adoptant le Programme d’action visant à éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects, à mener des actions aux niveaux national, régional et international, en vue d’atténuer les souffrances provoquées par le commerce illicite des armes légères et à renforcer le respect de la vie et de la dignité humaine en encourageant une culture universelle de la paix.
Cinq ans après, des actions notables sont enregistrées dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme d’action. Au plan national, plusieurs Etats ont pris les mesures législatives nécessaires en vue de lutter contre la circulation des armes légères illicites. Des registres nationaux ont été ouverts créant ainsi de véritables bases de données pour le contrôle des Armes légères et de petit calibre (ALPC).
Au plan régional, des avancées significatives sont également notées, surtout en Afrique et en Amérique Latine. Ainsi le 14 juin dernier, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a transformé son moratoire sur l’importation et l’exportation des armes légères en une convention sous régionale juridiquement contraignante.
Au cours de son intervention, Emmanuel René Moise a remercié les organisations de la société civile qui jouent un rôle de premier plan dans la lutte que mènent les Etats en vue d’éradiquer le fléau des ALPC. Il a demandé qu’elles soient associées dans les délibérations afin que les solutions les meilleures soient trouvées pour assurer une correcte mise en oeuvre du Programme d’action.
KD/ADC
MONDE-SOCIETE-POSITION
29/06/2006 18:59 GMT
Mise en œuvre du programme contre les armes légères : la société civile exprime ses inquiétudes
+++Correspondance particulière+++
New York, 29 juin (APS) - Des organisations de la société civile ouest africaine et internationale a dit ses réserves sur le document de travail produit de l’ambassadeur Kariyawasam, président de la conférence des Nations unies chargée d’examiner les progrès accomplis dans l’exécution du Programme d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects.
‘’Ce document est un recul extraordinaire par rapport aux avancées significatives notées depuis le début de la campagne pour un Traite internationale sur le commerce des armes (TCA) et niveau de la CEDEAO avec l’adoption, récemment, d’une convention sous régionale juridiquement contraignante’’, confie Mohamed Coulibaly, représentant d’Oxfam- Grande Bretagne pour l’Afrique de l’Ouest pour le plaidoyer dans le cadre de la campagne pour le contrôle des armes.
Dans le document de travail de la conférence présente par l’ambassadeur Kariyawasam, plusieurs questions liées aux droits de l’homme et aux droits humanitaires ont été occultées de même que le rôle de la société civile que Mohamed Coulibaly juge ‘’marginal’’.
‘’Il n’encourage pas les Etats ou les organisations internationales et régionales à coopérer comme il se doit avec les ONG’’, souligne un communique du Réseau d’action contre les armes légères (IANSA) dont beaucoup d’ONG africaines comme le Mouvement contre les armées légères en Afrique de l’Ouest (MALAO) sont membres.
Le document ne fait mention d’une interdiction du transfert armes aux groupements non étatiques. Pourtant la sous région ouest africaine a subi les conséquences de ces transferts d’armes aux rebelles notamment en Sierra Leone et au Liberia.
Les références spécifiques au genre, qui mettent un accent sur les divers rôles des femmes et des hommes ainsi que leurs contributions sur les questions liées aux armes légères, sont aussi occultées dans ce texte.
Pour Mohamed Coulibaly d’Oxfam-Grande Bretagne, la CEDEAO doit rappeler les principes qui lui ont permis d’adopter une convention et partager ces principes qui prennent en compte les principes du droit humanitaire international, des droits de l’homme du respect de l’être humain.
Elle doit aussi amener les autres pays africains qui ne sont pas membres de cette organisation sous régionale et qui n’ont pas un instrument aussi fort que la convention ainsi que le communauté internationale à l’adopter, a estimé M. Coulibaly.
La société civile souhaite qu’à l’issue de cette réunion de New York la Conférence puisse accepter le principe de l’examen des principes globaux sur le transfert des armes. ‘’Nous pensons qu’il est très tôt pour les Etats d’adopter un TCA, mais il serait intéressant que les Etats membres de l’ONU acceptent de discuter des conditionnalités’’, explique encore M. Coulibaly.
KD/ADC
Khoudia Diop Journaliste |