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communique 18 mai 2006
 

Communiqué DDR en Côte d’Ivoire

Premières opérations de recensement en Côte d’Ivoire, doute sur le désarmement

ABIDJAN, 18 mai 2006 (AFP) - Un test grandeur nature du recensement des populations a débuté jeudi dans six localités de Côte d’Ivoire, où le désarmement de l’armée loyaliste et de la rébellion, pourtant annoncé en simultané, n’a apparemment pas eu lieu.

Enjeux majeurs de la crise, l’identification et le désarmement sont Les préalables à la réunification du pays (coupé en deux depuis un coup d’Etat raté contre le président Laurent Gbagbo en septembre 2002) et à l’organisation d’ici le 31 octobre d’élections générales.

A l’initiative du Premier ministre Charles Konan Banny, six "audiences foraines", selon la terminologie locale, se déroulent à compter de ce jour Et jusqu’au 24 mai dans six localités réparties sur l’ensemble du territoire.

Magistrats et fonctionnaires de l’état civil y délivre, après audition des notables locaux et sur la foi de témoins, des actes de naissance aux personnes de plus de 13 ans, sans papier et ayant pu prouver leur naissance dans cette localité.

Le Premier ministre et le ministre de la Justice Mamadou Koné ont officiellement lancé à la mi-journée cette "phase pilote" de l’identification dans la localité de Méagui (sud-ouest). La cérémonie s’est déroulée devant plus d’un millier de personnes, mais en présence d’un petit groupe de "patriotes" (partisans du président Gbagbo) venus exprimer leur opposition.

Une autre de ces audiences, à Port-Bouët, en périphérie d’Abidjan, a été marquée par des problèmes d’organisation, et l’irruption, là aussi sans violence, de quelques dizaines de "patriotes".

"Concomitamment", selon l’expression consacrée par les acteurs de lacrise, forces loyalistes et rebelles devaient entamer ce jour même un pré regroupement de leurs combattants, première étape d’un désarmement (ou DDR) maintes fois annoncé mais jamais concrétisé depuis quatre ans.

Jeudi en fin d’après-midi, aucune information fiable ne faisait état du moindre mouvement de troupe sur le terrain, laissant planer le doute sur la réalité de l’opération.

Interrogés par l’AFP, la primature et le Programme national de désarmement (PNDDR) ont affirmé n’avoir aucune information. Responsables et porte-parole de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) se sont abstenus de toute déclaration et ont refusé de s’exprimer sur la question. Le porte-parole de l’opération française Licorne n’a également souhaité faire aucun commentaire.

La forte médiatisation des opérations pilotes d’identification contrastait singulièrement avec le silence officiel sur le désarmement. L’armée gouvernementale ivoirienne a annoncé à la mi journée avoir Entamé le "pré regroupement" et le retrait de ses troupes de la ligne de front, à compter de ce jour et jusqu’au 28 mai. Les soldats concernés, dont le nombre n’a pas été rendu public, seront regroupés dans 35 sites de cantonnement, selon les FDS (loyalistes).

De son côté, la rébellion a simplement indiqué "attendre" la fin bd’une consultation de ses chefs militaires, prévue dans l’après-midi, pour se prononcer sur un éventuel pré regroupement de ses propres combattants.

Une rencontre mercredi entre les états-majors loyalistes et rebelles n’avait pas permis de définir les modalités pratiques du début de désarmement, les participants promettant simplement de se retrouver le 31 mai.

Le désarmement est une des principales exigences du président Gbagbo et de ses partisans, qui ont clairement mis en garde, à l’image du leader des "patriotes" Charles Blé Goudé, contre une identification des populations sans désarmement des belligérants.

Pour le Premier ministre, désigné en décembre par la communauté internationale pour mener le pays aux élections d’octobre, audiences foraines et pré regroupement en simultané étaient pourtant l’unique "porte d’entrée" pour mettre en oeuvre sa "feuille de route" de règlement de la crise.

bur-hba/jpc